L’ILE COMACINA
L’hiver, si long et si froid, me donne envie de passer mes dimanches à la maison. Le maximum que je puisse faire c’est de rejoindre mes amis pour une pizza ou pour un film (dernièrement j’insiste pour le cinéma étant donné que ça coûte moins cher et en plus ça ne fait pas grossir !).
Pour interrompre le train-train de ces journées ménagères (et ayant vu tous les films qui m’intéressaient), dimanche dernier j’ai décidé de faire le grand pas, c’est-à-dire sortir de la maison. Pour m’encourager j’appelle mon amie Chiara au téléphone et je lui demande si elle a envie de faire un tour avec moi, en particulier de nous rendre à la Feltrinelli. Pour ajouter un peu de piment à ma proposition, j’ajoute que nous pourrions peut-être même prendre un chocolat chaud avec crème fouettée.
Mais Chiara m’étonne en me disant qu’elle a déjà programmé, avec Filippo, une excursion à l’île Comacina. Ah… encore ce Filippo ! Je lui dis que ce n’est pas possible qu’il n’ait pas encore désisté ce garçon ! Elle rigole et me répond que c’est elle qui a flanché, et cela fait plus d’un mois maintenant!

île Comacina - Photo de Illyfoto
Cette nouvelle me fait réaliser que l’hiver, pour moi, est décidément néfaste : non seulement je ne suis plus sortie de la maison, mais en plus j’ai délaissé les amis et je ne suis même plus informée sur les nouvelles amours en cours !!! Chiara me demande si je veux me joindre à eux, mais je trouve que ce n’est pas le cas, je me sentirais complètement déplacée. Elle insiste et ajoute que nous ne serons pas seuls, vu que Federica et Sofia se joindront à nous. Cela fait un bon bout de temps que je n’ai pas de leurs nouvelles aussi ! Bon, tu m’as convaincue, je viens visiter l’île Comacina, que je lui dis, mais où se trouve-t-elle ?
Mais, ce n’est pas possible répond Chiara, c’est la seule île du Lac de Côme, tu ne l’as jamais entendue nommer ??? Eh non, jamais !
Nous nous embarquons du ponton Sala Comacina (voir la carte) et atteignons l’île en ferry, naturellement. La journée est lumineuse, ensoleillée et l’île est une véritable surprise, si petite et si jolie. Je m’extasie, je me remplis la vue en observant le petit golfe riche d’oliviers et j’essaie
d’imaginer ce lieu pendant la belle saison.
Nous empruntons immédiatement le sentier qui se trouve à notre gauche, il s’appelle Viale del Poeta (l’Avenue du Poète). Elle est longue deux kilomètres, ce qui suffit pour nous permettre de découvrir l’île ainsi que ses trésors cachés.
Filippo nous dit qu’en prenant le sentier de droite, on arrive à une auberge très romantique et tranquille et, en clignant de l’oeil à Chiara, il ajoute que nous pourrions aller demander quelques informations pour éventuellement y passer un week-end. L’endroit s’appelle, tiens ! ‘Locanda dell’Isola Comacina’.
Les véritables protagonistes de l’île sont ses vestiges historiques et archéologiques, incroyablement riches pour une île si petite. Durant le parcours, les différents écriteaux nous informent que nous sommes en présence de certains d’entre eux. S’il n’y avait pas ces écriteaux,
nous ne réussirions pas toujours à les distinguer.
L’île est déshabitée depuis l’an 1169, quand elle fut lourdement attaquée par les habitants de Côme pour des questions de pouvoir que je n’ai pas approfondies. Depuis lors elle a été l’objet de fouilles archéologiques et n’a jamais été vraiment reconstruite. On y trouve quelques habitations qui
remontent aux années trente du siècle dernier, alors que l’île devait se transformer en un point de rencontre pour les artistes et l’on y construisit trois ateliers. Le projet n’a jamais été réalisé, mais les maisons n’ont pas été détruites, ce sont des exemples très représentatifs d’architecture formelle
rationaliste. Aujourd’hui ces villas sont complètement abandonnées. C’est une véritable honte, je dirais même un délit qui, en Italie, est facilement perpétré. Toutes ces informations me sont fournies par Filippo, tandis que Chiara le regarde avec des yeux d’énamourée et tout d’un coup je comprends pourquoi, à la fin, elle s’est rendue à sa détermination,
et j’en suis vraiment contente.
De toutes façons, mises à part les beautés architecturales et archéologiques, la chose la plus belle de l’île Comacina, d’après moi, c’est le panorama et la paix absolue dont on jouit (essayons de ne pas considérer les chahuts de Federica et de Sofia qui, complètement insensibles au charme de l’île, ont continué de façon ininterrompue à parler de ce qu’elles se sont acheté pendant les dernières soldes, ou des leçons de ‘pilates’ qu’elles ont dû sauter à cause de leur travail).

La Locanda dell’isola Comacina
Un autre aspect négatif de l’excursion – à part la considération ci-dessus – a été de découvrir que l’auberge de l’île est fermée durant les mois froids (du 1er novembre au 1er mars). Dommage car j’étais vraiment curieuse ! Filippo nous informe que la cuisine est des plus simples, mais excellente.
Il parait que le menu n’a pas changé depuis l’année 1947 et que, à la fin du repas, au moment du café, la patronne de l’auberge pénètre dans la salle au son d’une cloche, enflamme le cognac qui se trouve dans une grande casserole puis, pendant qu’elle raconte l’histoire de l’ île, elle verse sucre et
café dans le cognac et sert le tout dans les tasses.
Eh oui, je dois absolument y retourner !
Connections utiles :
http://www.comacina.it/en/island.php



